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Podcast « de Rishikesh à L.A. : la planète yoga »

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Résumé
Des orientalistes de la fin du XIXe siècle aux influenceuses d’Instagram, en passant par les hippies de Woodstock, le yoga s’est largement diffusé aux Etats-Unis et en Europe. Mais depuis quelques années, la pratique fait l’objet d’une réappropriation par le mouvement nationaliste hindou.
avec :

Raphaël Voix (ethnologue et sociologue), Anne-Cécile Hoyez (Chargée de recherche CNRS à l’Université Rennes 2), Ysé Tardan-Masquelier (Historienne et anthropologue des religions).

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Des orientalistes de la fin du XIXe siècle aux influences d’Instagram, en passant par les hippies de Woodstock, le yoga s’est amplement diffusé aux Etats-Unis et en Europe. S’il est pratiqué dans une approche à la fois sportive, spirituelle et thérapeutique, le répertoire de postures athlétiques prend désormais souvent le pas sur la quête mystique. D’abord l’apanage d’une certaine contre-culture, il est désormais au centre d’un marché brassant des sommes colossales, des ashrams de Rishikesh aux clubs branchés de Los Angeles. Et si ce yoga peut sembler bien loin du savoir ancestral dont il se revendique, sa version syncrétique et mondialisée intéresse jusque dans son pays d’origine, à la fois pour ses opportunités commerciales et pour son impact politique. Le Premier ministre indien Narendra Modi a ainsi fait adopter par les Nations Unies une journée mondiale du yoga, célébrée chaque 21 mai depuis 2015. Sur le plan international, il s’agit de donner de l’Inde une image pacifique diffusant sa sagesse. Sur le plan intérieur, le yoga est un instrument parmi d’autres, au service d’un nationalisme hindou professé au détriment des autres communautés du pays.

Comment le yoga s’est-il diffusé hors de l’Inde ? Comment sa circulation internationale a-t-elle enrichi et modifié sa pratique ?

Comment sa réappropriation par le mouvement nationaliste hindou actuel s’articule-t-elle à son caractère mondialisé ?

Florian Delorme reçoit Ysé Tardan-Masquelier, historienne et anthropologue des religions à l’Institut de Science et de Théologie des religions à l’Institut catholique et Anne-Cécile Hoyez, chargée de recherche CNRS au laboratoire Espaces et Sociétés (UMR ESO) à l’Université Rennes 2.

« Entre la fin du XIXe siècle et 1968, on a voulu, en Occident, donner une place à une forme de quête spirituelle visant à compenser un malaise par rapport à la modernité. Le yoga a alors servi à répondre à une imbrication d’attentes, spirituelles ou relatives à la réhabilitation du corps » explique Ysé Tardan-Masquelier.

« La nouveauté depuis quelques années est le renforcement d’un discours politique, instrumentalisé par le premier ministre Modi, associé à un discours culturel qui met en valeur l’hindouïté, c’est à dire un resserrement identitaire autour de l’hindouisme dans la pratique du yoga » analyse Anne-Cécile Hoyez.