La colonne vertébrale

Cet article est extrait de la revue « Aperçus » éditée par l’association régionale IFY Yoga Tradition Évolution et reproduit avec l’aimable autorisation de celle-ci.

LA COLONNE VERTÉBRALE

La vertèbre et le disque intervétébral
Dans cette première partie nous verrons l’élément vertébral et son disque. La seconde partie s’attachera à la mobilité et à la mécanique globale de la colonne.

La colonne
Elle est composée de vingt-quatre vertèbres : sept vertèbres cervicales, douze vertèbres thoraciques et cinq vertèbres lombaires. Il faut y ajouter la colonne pelvienne faite de cinq vertèbres fusionnées pour le sacrum et trois à cinq vertèbres fusionnées pour le coccyx.

La vertèbre Elle se compose en avant d’un corps, en arrière d’un arc portant des apophyses (dont les épineuses que l’on peut sentir sous les doigts en passant sa main dans le dos). Ces éléments délimitent un trou, qui forme, par empilement, le canal médullaire logeant la moelle épinière.

Le disque inter-vertébral L’articulation entre deux vertèbres est assurée par le disque intervertébral. Le disque intervertébral est à la fois un ligament qui unit deux vertèbres mais aussi un tampon qui amortit les pressions. Il se compose d’un anneau et d’un noyau.
Pour le visualiser, imaginons que nous coupions une tranche d’un gros oignon et enlevions le centre. La structure des anneaux de l’oignon représente l’anneau fibreux du disque. Au centre de l’anneau on trouve une bille gélatineuse: le noyau du disque.
Ce noyau constitue un véritable amortisseur hydraulique de pression qui absorbe la charge. Le disque intervertébral est dépourvu d’innervation et ne fait donc jamais mal (d’où l’absence d’alerte en cas de détérioration). Composé en grande partie d’eau, le disque sous l’effet du poids du corps, perd progressivement une partie de cette eau, comme si on le pressait. Au cours de la nuit et au repos allongé, le disque se réhydrate pour retrouver pleinement sa fonction.
C’est la raison pour laquelle notre taille diminue entre le matin et le soir (la perte de hauteur peut atteindre 2 cm !).

Précautions :
• S’hydrater correctement car la déshydratation fragilise le disque.
• S’octroyer des temps de repos allongés suffisants pour régénérer le disque.

Mécanique du disque : Lorsqu’on effectue une flexion (en avant), une extension (en arrière), une inclinaison (sur le côté), on ouvre l’espace du disque d’un côté et on le ferme de l’autre. Le noyau fortement poussé du côté fermé tend à se déplacer vers le côté ouvert. De plus, la pression dans le disque augmente considérablement en fonction de l’angle d’inclinaison du dos et du poids éventuellement porté. Tant que l’anneau est en bon état, rien ne se passe. Mais, la répétition de ces flexions, le manque d’hydratation des disques, l’âge, la fatigue, le stress, l’état de santé général peuvent fissurer l’anneau fibreux et laisser passer le noyau. Nous aurons alors un lumbago, une névralgie (sciatique, névralgie cervicobrachiale), une hernie (lorsque le noyau sort sans retour possible du disque), et enfin le tassement discal.

Précautions :
• Éviter les flexions antérieures du dos chez les personnes sujettes au lumbago ou porteuses d’une hernie discale.
• A titre préventif toute flexion du tronc doit se faire en respectant les précautions suivantes : 1/ Déverrouiller les genoux,
2/ Verrouiller la colonne la maintenir le plus droite possible, voire creuse (en lordose) afin de conserver le noyau au centre du disque,
3/ Rentrer le ventre en contractant les abdominaux.

Pathologies associées
Lumbago : le noyau passe en partie au travers de l’anneau et touche le ligament vertébral (sensible).
Sciatique : le noyau touche la racine du nerf sciatique et crée une névralgie.
Hernie discale : le noyau traverse l’anneau, sort de son logement et ne peux plus le réintégrer (avec ou sans compression du sciatique).
Tassement discal : il n’y a plus de noyau ou celui-ci est en morceaux, les vertèbres se rapprochent et peuvent créer des pincements.

La mécanique vertébrale
Après avoir vu la vertèbre et la mécanique du disque intervertébral dans la première partie, cette seconde partie aborde la mobilité et la mécanique globale de la colonne.

Les courbures vertébrales
Pour rappel : La colonne vertébrale est composée de vingt-quatre vertèbres : 7 cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires (le sacrum et le coccyx complètent l’ensemble). Mais l’empilement des vertèbres et des disques ne se fait pas de façon rectiligne. Les éléments s’agencent pour créer des courbures concaves, dirigées vers l’avant (lordose) et convexes, dirigées vers l’arrière (cyphose) .
L’apparition de ces courbures est liée à la station debout et à la marche. L’enfant à la naissance ne présente qu’une seule courbure en cyphose. La deuxième courbure se développe lorsque le bébé soutient sa tête (courbure cervicale, en lordose). Après le 4 pattes, l’enfant se tient debout, commence à marcher et développe ainsi la lordose lombaire, qui sera définitive vers 10 ans.
Les courbures vertébrales ainsi créées devront être respectées pour une bonne santé du dos. Les courbures peuvent être plus ou moins accentuées sans conséquences majeures. Cependant si ces courbures sont trop (ou pas assez) accentuées elles peuvent créer une situation pathologique.

Pathologies associées
Cyphose dorsale : La cyphose correspond à une exagération de la convexité de la colonne dorsale donnant un “dos rond”. Les cervicales et les lombaires exagèrent alors leurs cambrures pour contrebalancer la courbure dorsale. Fréquente chez les adolescents à cause d’une musculature dorsale insuffisante, elle se corrige la plupart du temps en fin de croissance.
Lordose lombaire : plus justement nommée “hyperlordose” est définie par une exagération de la courbure du bas du dos (cambrure). L’hyperlordose peut être constitutionnelle (type familial) ou secondaire : hypotonie abdominale, mauvaises postures persistantes, port de talons hauts….
Scoliose : c’est une déviation permanente de la colonne vertébrale, liée à une rotation des vertèbres. Elle survient surtout dans l’enfance et l’adolescence. Les conséquences sont d’ordre esthétique, douloureuses et vont parfois jusqu’à des complications neurologiques voire respiratoires pour les cas les plus graves.

Mouvements des courbures vertébrales
De manière globale les courbures permettent à la fois solidité et souplesse de la colonne vertébrale.
Cependant chaque région a un rôle spécifique. La colonne lombaire, qui supporte le tronc, la tête et les membres supérieurs, privilégie la solidité et la stabilité. Ses mouvements seront préférentiellement des flexions (en avant) et des extensions (en arrière). Les rotations et les inclinaisons sont pratiquement nulles.

La colonne thoracique
qui supporte la tête, les membres supérieurs et la cage thoracique contenant les organes vitaux doit permettre les mouvements respiratoires. En effet les côtes qui s’articulent avec les vertèbres dorsales se soulèvent et s’abaissent à chaque mouvement respiratoire. Les mouvements de la colonne dorsale sont possibles dans tous les sens : flexion/ extension, rotations et inclinaisons mais ils seront de faible amplitude.

La colonne cervicale
supporte la tête et doit orienter les organes des sens : vue, ouïe, odorat dans toutes les directions. Elle participe également à l’équilibre du corps grâce à l’oreille interne. Sa mobilité est donc maximale et en particulier en rotation. Cependant cette mobilité s’accompagne d’une fragilité dont il faudra tenir compte lors de certains asana (sur la tête).

Les moteurs : Les mouvements du dos sont régis par 2 “moteurs”: la musculature et la pesanteur.
La pesanteur, force qui s’exerce du haut vers le bas va faciliter les mouvements de flexion et d’enroulement. Par contre elle va s’opposer aux mouvements d’érection du rachis.
La musculature, elle, va à la fois :
➛ lutter contre la pesanteur, pour conserver la position érigée de la personne (essentiellement avec les muscles profonds),
➛ initier et réaliser les mouvements volontaires : flexion extension, inclinaison et rotations (avec les muscles superficiels).

Musculature de la colonne vertébrale
La musculature profonde du dos est très complexe à décrire. Schématiquement nous observerons deux groupes de muscles :
Des muscles courts, qui sont plusieurs centaines, profonds et insérés tout le long de la colonne du sacrum au crâne qui forment les “gouttières vertébrales”.
Des muscles longs qui s’insèrent du bassin au thorax et la colonne cervicale.
Ces muscles ont un rôle érecteur du rachis, c’est à dire qu’ils “ré-alignent” les vertèbres les unes par rapport aux autres en réduisant les courbures et en produisant un auto grandissement.

C’est le renforcement de la musculature profonde (comme le propose le yoga) qu’il faut privilégier pour une bonne hygiène et prévention du dos.

La musculature superficielle, elle, est faite de muscles larges comme le grand dorsal ou les transverses qui forment, avec les abdominaux en avant, une sangle protectrice des vertèbres. Cependant les muscles larges du dos, qui s’insèrent en haut et en bas de la colonne, lorsqu’ils se contractent exercent une pression sur la colonne et les disques.

Pathologies associées :
Les discopathies (vues précédemment),
La subluxation vertébrale : désalignement des vertèbres (souvent corrigée en ostéopathie ou en chiropraxie),
Les diverses dorsalgies : douleurs musculaires, ligamentaires, tendineuses, très fréquentes et qui peuvent se localiser à différentes hauteurs de la colonne vertébrale. »

Marc VENTURA, kinésithérapeute-Formateur PRAP (Prévention des Risques à l’Activité Physique) – 2019