Par Marie-Françoise GARCIA, le 26 janvier 2026
L’enseignement du yoga ne se résume pas à la transmission de postures ou de techniques. Il s’agit d’un cheminement personnel et d’un partage vivant. À travers ces lignes, je souhaite partager quelques pistes de réflexion, afin d’inviter chacun-e à explorer la profondeur et la richesse de cet art de transmettre.
Enseigner le yoga, c’est :
Avoir fait siens les outils du yoga par une pratique assidue. Bien que ces outils soient au départ des concepts abstraits, éloignés de la réalité humaine, c’est l’expérience personnelle de l’enseignant qui leur donne vie et les rend accessibles à chacun-e. Cette intégration profonde apporte authenticité et précision. Elle permet une transmission de corps à corps, de cœur à cœur.
Continuer sans relâche à affiner son expérience (seul-e et auprès d’un-e référent-e choisi-e) ce qui implique une remise en question constante et une ouverture à l’évolution. Explorer, modifier son point de vue, comprendre la fonction de chaque action, l’architecture de l’être humain… Cette curiosité nourrit la créativité et la richesse des cours proposés.
Etablir une relation basée sur l’estime et la confiance, dans laquelle les mots ‘réussite’ et ‘échec’ cèdent leur place à ‘évolution’. La progressivité est LA stratégie pour guider les élèves vers l’état de yoga. L’enseignant, confronté à l’égo, la peur de vieillir et autre sentiment inhibiteur, doit user de ruse (yukti) pour amener l’élève à travailler à partir de la réalité du moment et non à partir de projections mentales, de mauvais objectifs ou de frustrations.
Adopter une posture de sachant plutôt que de savant : tel Socrate et la maïeutique, élaborer une pédagogie favorisant la prise de conscience grâce à des mises en situation, des expériences proposées et l’invitation à explorer par soi-même.« Ils peuvent oublier ce que vous avez dit, mais ils n’oublieront pas ce que vous leur avez fait ressentir. », Carl W B.
Apprendre de ses élèves grâce à l’observation de leur pratique. La considération de la diversité des potentiels corporels, des rythmes et des états psychologiques ouvre chez l’enseignant une écoute active permettant de répondre aux besoins réels et d’ajuster l’approche pédagogique.
Apprendre des questions formulées par les élèves : elles constituent une opportunité pour l’enseignant d’élargir ses propres connaissances, en explorant des lieux inconnus et ouvrir de nouvelles perspectives pédagogiques.
Etre habité par le désir d’aider. Source d’une transmission sincère et généreuse, cette motivation profonde guide l’enseignant dans son engagement auprès de chaque élève.
C’est se mettre au service de : savoir se taire pour écouter, ne pas mettre ses propres tracas dans le champ de la relation avec ses élèves, accepter d’être support.
C’est offrir le silence, et permettre à chacun-e de se reconnecter à soi et d’approfondir son expérience intérieure. Le silence devient alors un espace de ressourcement et d’écoute subtile, un espace de reliance au monde.
Enseigner, c’est se rendre progressivement inutile.

