Nous savons tous que la respiration est une fonction vitale dont le but est : d’apporter de l’oxygène à chacune de nos cellules et d’évacuer le dioxyde de carbone produit par ces mêmes cellules. Nous savons aussi que la respiration fonctionne sur un mode automatique, c’est notre respiration naturelle spontanée,
presque imperceptible.
Mais en quoi cette respiration est-elle au service du Yoga ? Par des apports théoriques, des ateliers et des pratiques, Pascale nous a permis de mieux comprendre comment Yoga et respiration peuvent être au service l’un de l’autre.
Lors de la ventilation (entrée et sortie de l’air au niveau des poumons), deux appareils sont mis en jeu.
1) L’appareil locomoteur, constitué de la cage thoracique et des muscles respiratoires.
La cage thoracique est formée par nos côtes et nos vertèbres. Les postures de Yoga (extensions, flexions, inclinaisons latérales) entretiennent la souplesse des côtes et de la colonne thoracique, quant aux respirations amples, elles entretiennent les petites articulations entre vertèbres et côtes.
Les muscles respiratoires :
L’inspiration nécessite une contraction musculaire, on dit qu’elle est active. Le principal muscle inspirateur est le diaphragme.
L’expiration est : soit passive (sans contraction musculaire), soit active (elle va solliciter les abdominaux). Pascale nous a alors proposé un atelier sur le diaphragme et les abdominaux.
Que se passe-t-il lors d’une inspiration modérée, avec les abdominaux relâchés ?
Lors de l’INS, le diaphragme se contracte, le centre phrénique s’abaisse, il pousse les organes digestifs vers l’avant car les abdominaux sont relâchés, le ventre se bombe. A ce moment là, les poumons sont étirés vers le bas, leur volume s’agrandit et par un jeu de pression plus d’air va entrer dans les poumons. Attention ce n’est pas l’air qui rentre qui fait gonfler les poumons, à méditer !!!!
Lors de l’EXP qui suit, le diaphragme se relâche, le centre phrénique remonte…..Les poumons tendent à revenir à leur volume initial et chassent l’air qui sort. Les viscères reviennent à leur place, le ventre se creuse. Cette respiration diaphragmatique basse dite aussi respiration abdominale a pour effets : de ventiler la partie basse des poumons, d’améliorer la circulation veineuse, de masser les
viscères abdominaux, de détendre.
Que se passe-t-il lors d’une inspiration plus ample avec les abdominaux contractés ?
Une inspiration plus profonde va provoquer l’écartement des dernières côtes, ce qui va augmenter encore plus le volume pour les poumons dans la cage thoracique, la dépression est plus importante donc plus d’air va entrer. Lors de l’expiration, le diaphragme sera étiré.
Puis nous avons constaté lors d’un deuxième atelier qu’il fallait bien distinguer respiration et mouvement
respiratoire. La respiration se situe au niveau des poumons mais le mouvement respiratoire peut être localisé et perçu à des endroits très précis.
A noter que certains paramètres de la respiration ( fréquence respiratoire, amplitude/volume, débit dans le sens vitesse d’insufflation et pauses) peuvent se modifier :
– de manière automatique, si nous courons, notre respiration devient plus rapide et plus forte grâce à l’action du système nerveux végétatif.
– de manière volontaire, lors des Pranayamas on peut diminuer la fréquence respiratoire (environ 6 resp/minute), cela entraine des conséquences sur tout l’organisme tant sur le plan mental que sur le plan physiologique. Mais attention, la respiration se traite avec respect, douceur et humilité.
– Pour illustrer son propos, Pascale nous a proposé un troisième atelier lors duquel nous avons observé sur une personne quelle était sa fréquence respiratoire lors de sa respiration spontanée, lors de la pratique d’un enchaînement en dynamique et ensuite après une pause assise. Nous avons constaté que la pratique de respirations profondes abaisse la fréquence respiratoire et que cela perdure après la pause assise….
2) L’appareil respiratoire, situé dans la tête, le cou, le thorax.
On distingue les voies aériennes (fosses nasales, pharynx, larynx, trachées, bronches, bronchioles) et les poumons c’est à leur niveau que se déroulent les échanges gazeux. C’est par les fosses nasales que commence le trajet de l’air dans notre corps.
Quels sont les avantages de l’INS par le nez ? Cela permet de :
réchauffer l’air ce qui améliore les échanges avec le sang, de purifier l’air, de stimuler la sphère olfactive et d’humidifier l’air grâce au mucus présent dans les fosses nasales.
Quels sont les avantages de l’EXP par le nez ? En yoga, cela présente quelques avantages :
– allongement de l’EX lors des différentes techniques, la respiration peut devenir plus longue, plus subtile.
– cela permet de conserver davantage le Prana, cela permet de purifier les Nadis.
Pascale nous a parlé du lien Respiration, Coeur, Système nerveux végétatif, nous indiquant que respiration et coeur marchent ensemble mais que nous n’avons pas de contrôle volontaire du rythme cardiaque. De même, nous n’avons pas de contrôle volontaire sur le système nerveux végétatif, constitué par le système sympathique qui accélère la fréquence respiratoire et la fréquence cardiaque et par le système parasympathique qui ralentit la fréquence respiratoire et la fréquence cardiaque.
Mais par la respiration, on peut agir sur le coeur et aussi sur le système nerveux végétatif.
En pratiquant des respirations lentes, profondes, avec éventuellement des pauses confortables, avec ou sans mouvement : on ralentit le coeur, on stimule le système parasympathique et cela nous amène vers un état de repos, de récupération, de calme. Chanter stimule le système parasympathique, tout comme les exercices liés au travail sur l’expiration.
Pour conclure mon propos, je voudrais remercier Pascale pour sa bienveillance, son apport théorique et ses belles propositions d’ateliers et de pratiques.
Je voudrais également remercier les personnes qui ont été à l’initiative de ce stage et finir en citant Pascale :
Un muscle pour être en bonne santé doit être fort et souple.
Une bonne santé de la respiration consiste à savoir bien expirer et bien inspirer.
Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises façon de ventiler… il y a juste des façons différentes qui n’ont pas les mêmes effets d’où l’importance de diversifier et d’exploiter l’ensemble de nos capacités respiratoires, le Yoga est un bon outil pour y parvenir.
La respiration est indispensable à la vie de nos cellules, elle répond aux besoins de tout notre organisme, elle reflète nos émotions, l’état de notre mental.
« C’est une porte d’entrée formidable au bon fonctionnement de notre organisme à condition d’y aller avec douceur, respect, sans trop forcer, sans trop vouloir. «
Sabine, yogi en Charente

