{"id":18,"date":"2022-05-02T13:23:08","date_gmt":"2022-05-02T11:23:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ify.fr\/sud\/actualite\/carpe-diem\/"},"modified":"2022-06-28T12:12:09","modified_gmt":"2022-06-28T10:12:09","slug":"carpe-diem","status":"publish","type":"actualite","link":"https:\/\/www.ify.fr\/sud\/actualite\/carpe-diem\/","title":{"rendered":"CARPE DIEM"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Novembre mois du souvenir, des comm\u00e9morations. Le jour de la Toussaint marque l\u2019hommage \u00e0 \u00ab&nbsp;tous les saints&nbsp;\u00bb suivi le lendemain par le jour des morts o\u00f9 nous c\u00e9l\u00e9brons les d\u00e9funts, leur m\u00e9moire et perp\u00e9tuons leur souvenir fleurissant les s\u00e9pultures de chrysanth\u00e8mes ou de bruy\u00e8res color\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Pourquoi aborder ici le th\u00e8me de la mort&nbsp;? Parce que la mort fait partie de la vie, de notre quotidien, de notre histoire. Elle impr\u00e8gne toute culture, toute civilisation. L\u2019in\u00e9luctabilit\u00e9 de la mort ne doit pourtant pas \u00eatre d\u00e9sesp\u00e9rante. Comprendre et accepter notre finitude permet de ne plus y penser. Or, en Occident ce sujet reste encore tabou. Alors comment parler de la mort&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Cet article propose d\u2019aborder quelques repr\u00e9sentations culturelles de celle-ci, les conceptions qu\u2019en ont les diff\u00e9rentes religions tout en accordant une attention particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019hindouisme. Quant aux mots qui apaisent, qui soutiennent, c\u2019est par la voix de Delphine Horvilleur qu\u2019ils expriment l\u2019acceptation et l\u2019accompagnement de la peine de l\u2019autre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center\" id=\"thanatos-et-consorts\">Thanatos et consorts<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns has-blanc-background-color has-background\">\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Disparition, tr\u00e9pas, d\u00e9c\u00e8s&nbsp;: la mort recouvre de nombreuses d\u00e9signations. Certaines tentent la mise \u00e0 distance via la m\u00e9taphore&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>rendre l\u2019\u00e2me<\/em>&nbsp;\u00bb, d\u2019autres att\u00e9nuent la douleur ressentie lors de la perte d\u2019un \u00eatre cher qui \u00ab<em>&nbsp;nous a quitt\u00e9s&nbsp;<\/em>\u00bb. L\u2019euph\u00e9misme \u00e9cartant un instant la brutale r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot \u00ab&nbsp;<em>mort<\/em>&nbsp;\u00bb a toujours effray\u00e9 l\u2019Homme. Il y a dans sa formulation une forme de superstition&nbsp;: l\u2019\u00e9voquer, c\u2019est l\u2019invoquer. C\u2019est craindre de voir surgir&nbsp;<strong>la Faucheuse<\/strong>&nbsp;drap\u00e9e de son large manteau noir, de sa cape, tenant en sa main osseuse la terrible faux. &nbsp;C\u2019est au dieu romain Saturne que nous devons l\u2019emprunt de cet attribut repr\u00e9sentant le temps qui passe, mais c\u2019est au Moyen-\u00c2ge que la faux devient symbole de mort.<\/p>\n\n\n\n<p>La personnification se retrouve d\u00e9j\u00e0 dans la Gr\u00e8ce antique o\u00f9&nbsp;<strong>Thanatos<\/strong>, dieu de la mort est craint voire ha\u00ef des hommes et des dieux. Grandes ailes, \u00e9p\u00e9e \u00e0 la ceinture, brandissant une torche invers\u00e9e signe de la vie qui s\u2019\u00e9teint, autant de symboles qui en font l\u2019ennemi des mortels. Mais \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, le dieu est \u00e9galement affubl\u00e9 d\u2019une urne et d\u2019un papillon. L\u2019urne servant \u00e0 contenir les cendres des d\u00e9funts \u2013 les grecs pratiquaient la cr\u00e9mation- et le papillon \u00e9voquant l\u2019espoir d\u2019une autre vie\u2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Dans la religion musulmane,&nbsp;<strong>l\u2019Ange de la mort&nbsp;<\/strong>r\u00e9cup\u00e8re l\u2019\u00e2me du d\u00e9funt au jour de son d\u00e9c\u00e8s apr\u00e8s que celle-ci ait subi \u00ab&nbsp;<em>l\u2019\u00e9preuve de la tombe<\/em>&nbsp;\u00bb o\u00f9 elle est questionn\u00e9e sur le Seigneur, son proph\u00e8te et sa religion par deux anges&nbsp;:&nbsp;<em>Mounkir<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>Nakir<\/em>. L\u2019Ange de la mort se montrera doux avec le bon croyant et sans piti\u00e9 avec le m\u00e9cr\u00e9ant dont il arrache l\u2019\u00e2me[1].<\/p>\n\n\n\n<p>En Inde,&nbsp;<strong>Yama<\/strong>&nbsp;dieu et juge des morts aurait lui-m\u00eame fait l\u2019exp\u00e9rience de la mort[2].Parfois repr\u00e9sent\u00e9 avec un visage bleu, une t\u00eate de buffle, il brandit un b\u00e2ton, sorte de f\u00e9mur surmont\u00e9 d\u2019un cr\u00e2ne d\u2019une main et de l\u2019autre, il tient un n\u0153ud coulant. Chevauchant un buffle, il se trouve \u00e0 la porte des enfers o\u00f9 il consid\u00e8re les bonnes et mauvaises actions et d\u00e9cide du destin des mortels se pr\u00e9sentant \u00e0 lui.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.ify.fr\/sud\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/06\/YAMA-DIEU-MORT-150x150-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-194\"\/><figcaption><em>Yama, Inde, Tibet<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center\" id=\"philosophie-et-religions\">&nbsp;Philosophie et religions<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Platon, d\u00e9j\u00e0 se questionnait sur ce qu\u2019est la mort. Dans le&nbsp;<em>Ph\u00e9don<\/em>[3]&nbsp;il interroge sur l\u2019attitude que doit avoir le philosophe devant le tr\u00e9pas. Dans ce dialogue, le lien entre le Corps et l\u2019\u00c2me est abord\u00e9 et la mort en acte la s\u00e9paration. Lib\u00e9r\u00e9e de sa prison de chair, l\u2019\u00c2me peut rejoindre l\u2019Eternit\u00e9; domaine des philosophes.<\/p>\n\n\n\n<p>Distinction \u00c2me et Corps que l\u2019on retrouve dans le Christianisme. L\u2019\u00e2me est immortelle et doit faire face \u00e0 un jugement qui la m\u00e8nera soit au Paradis, soit aux Enfers. Le Purgatoire permet, quant \u00e0 lui la purification de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en va de m\u00eame dans l\u2019Islam o\u00f9 l\u2019on retrouve cette s\u00e9paration \u00c2me et Corps. L\u2019Homme ne disparait pas totalement&nbsp;; il passe dans une autre vie et y sera soit r\u00e9compens\u00e9 (le paradis) soit puni (l\u2019enfer).&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9ternit\u00e9 se m\u00e9rite [..] mais la mort n\u2019est pas une crainte. On est n\u00e9 et on sait qu\u2019on va mourir&nbsp;\u00bb[4].<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Quant au juda\u00efsme, le terme \u00ab&nbsp;<em>mita&nbsp;<\/em>\u00bb d\u00e9signe la mort. Seul le corps (<em>gouf<\/em>) disparait&nbsp;; l\u2019\u00e2me (<em>n\u00e9fesh<\/em>) est \u00e9ternelle&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>l\u2019\u00e9ternit\u00e9 c\u2019est le sens qu\u2019on donne aux actions qu\u2019on m\u00e8ne aujourd\u2019hui et qui continueront \u00e0 nous repr\u00e9senter<\/em>&nbsp;\u00bb[5].Ce sont les commandements de la Torah qui d\u00e9finissent le poids de l\u2019\u00e2me qui s\u2019\u00e9l\u00e8vera vers le ciel si les actions ont \u00e9t\u00e9 bonnes ou errera sur terre, alourdie par le poids des p\u00e9ch\u00e9s commis.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mritya<\/em>, la mort en hindi survient pour mieux reconduire un principe de vie&nbsp;; elle ne s\u2019oppose pas \u00e0 la vie. Elle est un renouvellement perp\u00e9tuel car sans destruction, il ne peut y avoir cr\u00e9ation comme le traduit si bien la danse cosmique de Shiva symbolisant la renaissance p\u00e9riodique du monde.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center\" id=\"mort-et-tradition-vedique\">&nbsp;Mort et tradition v\u00e9dique<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns has-blanc-background-color has-background\">\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>La philosophie du yoga aborde le th\u00e8me de la mort par la prise de conscience de l\u2019impermanence des choses, ces changements \u00ab<em>&nbsp;parin\u00e2ma&nbsp;<\/em>\u00bb (YSII-15) in\u00e9luctables que l\u2019Homme doit apprendre \u00e0 accepter. Elle nous aide \u00e0 distinguer ce qui est de l\u2019ordre de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re de ce qui ne l\u2019est pas et notre corps physique est comme un v\u00eatement que nous portons puis que nous quittons au moment de mourir. Nous sommes plus qu\u2019un corps comme le souligne la Bhagavad Gita&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>l\u2019\u00e2me ne connait ni la naissance ni la mort. Vivante, elle ne cessera jamais d\u2019\u00eatre. Non n\u00e9e, immortelle, originelle, \u00e9ternelle, elle n\u2019eut jamais de commencement et jamais n\u2019aura de fin. Elle ne meurt pas avec le corps<\/em>&nbsp;[6]\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit donc de modifier notre perception de la mort malgr\u00e9 le poids de la culture, \u00e0 l\u2019image de l\u2019hindouisme o\u00f9 le d\u00e9c\u00e8s est v\u00e9cu comme une occasion de se lib\u00e9rer de l\u2019\u00e9tat dans lequel nous sommes pour acc\u00e9der \u00e0 un autre, meilleur. Cependant, notre \u00ab&nbsp;<em>karma<\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire nos actions pass\u00e9es -bonnes ou mauvaises- impacte notre mort car il agit sur le \u00ab&nbsp;<em>sams\u00e2ra<\/em>&nbsp;\u00bb, le cycle de vie de notre \u00e2me. Notre sort sera diff\u00e9rent selon un&nbsp;<em>karma&nbsp;<\/em>n\u00e9gatif&nbsp;ou&nbsp;positif.&nbsp;Dans le premier cas, un nouveau cycle d\u2019incarnation nous attend sur Terre ou \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur alors que dans le second, notre \u00e2me pourra poursuivre sa vie comme une divinit\u00e9 sur une plan\u00e8te sup\u00e9rieure \u00e0 la Terre, de l\u2019ordre du c\u00e9leste&nbsp;!<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Toutefois, qu\u2019il soit positif ou n\u00e9gatif, l\u2019objectif est de d\u00e9truire le cycle du&nbsp;<em>sams\u00e2ra<\/em>&nbsp;c\u2019est-\u00e0-dire de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un&nbsp;<em>karma&nbsp;<\/em>neutre&nbsp;permettant de trouver la lib\u00e9ration, \u00ab&nbsp;<em>moksha<\/em>&nbsp;\u00bb. Cela se fait par \u00e9tapes, sortes de r\u00e9tractions graduelles. Quand la mort frappe, les facult\u00e9s de perceptions et d\u2019action se retirent dans le mental \u00ab&nbsp;<em>manas<\/em>&nbsp;\u00bb qui lui-m\u00eame se replie dans le souffle vital \u00ab&nbsp;<em>pr\u00e2na<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce dernier se fond dans l\u2019\u00e2me individuelle&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>jiv\u00e2tman<\/em>&nbsp;\u00bb qui devient l\u2019objet de toutes les attentions. Ainsi, dans les rites fun\u00e9raires, un soin tout particulier est apport\u00e9 \u00e0 la personne afin de ne perturber ni l\u2019\u00e2me individuelle, ni son karma pour ne pas relancer un cycle d\u2019incarnation. Le cr\u00e2ne du d\u00e9funt -tourn\u00e9 vers le sud, direction des morts- est ras\u00e9 afin que l\u2019\u00e2me s\u2019en \u00e9chappe par le chakra couronne \u00ab&nbsp;<em>sahasrara<\/em>&nbsp;\u00bb. Elle est ensuite guid\u00e9e vers la lumi\u00e8re par une petite bougie plac\u00e9e pr\u00e8s du sommet de la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps, quant \u00e0 lui est purifi\u00e9, recouvert de fleurs avant la cr\u00e9mation et les cendres sont dispers\u00e9es dans un cours d\u2019eau. Le d\u00e9funt est lib\u00e9r\u00e9&nbsp;!<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center\" id=\"les-mots-de-la-consolation\">&nbsp;Les mots de la consolation<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Les \u00e9clairages culturels, religieux instruisent mais ne peuvent apaiser car la perte d\u2019un \u00eatre cher est une douleur dont on ne sait comment se remettre&nbsp;: personne ne nous enseigne \u00e0 vivre la mort. Douleur et deuil sont d\u2019ailleurs issus du m\u00eame verbe latin \u00ab&nbsp;<em>dolere<\/em>&nbsp;\u00bb souffrir. Cette souffrance que nous devons, selon Patanjali apprendre \u00e0 \u00e9viter (YSII-16) est abord\u00e9e dans l\u2019ouvrage de Delphine Horvilleur,&nbsp;<em><u>Vivre avec nos morts<\/u><\/em>.[7]<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019oxymore qui compose le titre est assorti d\u2019un sous-titre \u00e9difiant&nbsp;:&nbsp;<em>Petit trait\u00e9 de consolation<\/em>. Les 11 chapitres inspir\u00e9s par des anonymes, parfois des proches qui lors de leur mort ou leur lien \u00e0 la mort ont crois\u00e9 le chemin de l\u2019auteure dans sa fonction de rabbin, apportent un soulagement \u00e0 la douleur, \u00e0 la peine. Delphine Horvilleur accompagne avec bienveillance et \u00e9coute les vivants dans leur chagrin. Leurs interrogations restent parfois sans r\u00e9ponse&nbsp;; tout ne peut \u00eatre expliqu\u00e9, justifi\u00e9 car tout n\u2019est pas juste.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteure guide son lecteur, croyant ou pas et l\u2019aide \u00e0 faire face, \u00e0 accepter ce qui est in\u00e9vitable par un tressage constant de trois fils narratifs&nbsp;: le conte, la r\u00e9flexion et l\u2019ex\u00e9g\u00e8se. S\u2019ajoutent des incursions lexicales qui donnent \u00e0 lire les mots sous un autre aspect. Ainsi, en h\u00e9breu le terme \u00ab&nbsp;<em>H\u2019ayim<\/em>&nbsp;\u00bb, la vie est un pluriel et n\u2019existe pas au singulier. La langue offre la perspective de \u00ab&nbsp;<em>plusieurs vies, non pas successives, mais tress\u00e9es les unes aux autres, comme des fils qui se croisent tout au long de l\u2019existence et attendent le d\u00e9nouement pour se distinguer. En h\u00e9breu, nos vies font tapisserie, jusqu\u2019\u00e0 que nous puissions en d\u00e9faire les n\u0153uds en racontant nos histoires[8]&nbsp;\u00bb.<\/em>De m\u00eame, le cimeti\u00e8re \u00ab&nbsp;<em>betrha\u00efm&nbsp;<\/em>\u00bb se traduit par \u00ab&nbsp;maison des vivants&nbsp;\u00bb&nbsp;; une fa\u00e7on de nommer qui fait que la mort n\u2019a pas le dernier mot.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column\">\n<p>Vie et mort s\u2019entrem\u00ealent tout au long des r\u00e9cits et il nous faut apprendre \u00e0 accueillir nos fant\u00f4mes personnels&nbsp;; condition gr\u00e2ce \u00e0 laquelle nous pourrons avancer en paix sur notre propre chemin.<\/p>\n\n\n\n<p>Un ouvrage apaisant qui trouve \u00ab&nbsp;les mots pour le dire[9]&nbsp;\u00bb m\u00ealant textes sacr\u00e9s, histoires individuelles mais aussi humour. L\u2019ensemble \u00e9tablit un lien entre les vivants et les morts, ce lien que l\u2019on retrouve \u00e0 la racine du mot Yoga \u00ab&nbsp;<em>yug&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;ce qui unit, r\u00e9unit. Comme le souligne joliment Delphine Horvilleur&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>le r\u00f4le d\u2019un conteur est de se tenir \u00e0 la porte pour s\u2019assurer qu\u2019elle reste ouverte&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La mort, la conscience de notre mortalit\u00e9 &#8211;&nbsp;<em>memento mori<\/em>&nbsp;&#8211; est vecteur de coh\u00e9sion sociale, ne l\u2019oublions pas. Elle nous permet de faire face lors de catastrophes car elle nous place dans l\u2019action. Essayons d\u00e8s lors de reconsid\u00e9rer ce que son \u00e9vocation provoque en nous. Les cultures, religions y voient un passage et non une finalit\u00e9. Les diff\u00e9rents r\u00e9cits que contient l\u2019ouvrage de Delphine Horvilleur transcendent la mort en le\u00e7on de vie pour ceux qui restent car pour paraphraser Montaigne&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>vivre, c\u2019est apprendre \u00e0 mourir<\/em>&nbsp;\u00bb. Enfin, m\u00e9ditons sur cette parole du Dala\u00ef Lama&nbsp;: \u00ab&nbsp;les hommes vivent comme s\u2019ils n\u2019allaient jamais mourir et ils meurent comme s\u2019ils n\u2019avaient jamais v\u00e9cu&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>&nbsp;H\u00e9l\u00e8ne P.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group encart-information\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<p>[1]&nbsp;D\u2019apr\u00e8s site dansnoscoeurs.fr<\/p>\n\n\n\n<p>[2]&nbsp;D\u2019apr\u00e8s Ph.Swennen,&nbsp;<em>Le dieu fou. Essai sur les origines de Siva et Dionysos<\/em>&nbsp;( \u00e9d.Kernos 2017)<\/p>\n\n\n\n<p>[3]&nbsp;Platon,&nbsp;<em>Ph\u00e9don<\/em>&nbsp;(dialogues de Platon, 36 avant JC)<\/p>\n\n\n\n<p>[4]&nbsp;D\u2019apr\u00e8s entretien avec Ibrahim Alci, vice-pr\u00e9sident du conseil fran\u00e7ais du culte musulman (art.La Voix du Nord, 27\/05\/2020)<\/p>\n\n\n\n<p>[5]&nbsp;D\u2019apr\u00e8s entretien avec Elie Dahan, grand rabbin de Lille (art.La Voix du Nord, 27\/05\/2020) &amp; site dansnoscoeurs.fr<\/p>\n\n\n\n<p>[6]&nbsp;Bhagavad- Gita (Ch.II, verset 20)<\/p>\n\n\n\n<p>[7]&nbsp;D.Horvilleur, Vivre avec nos morts (Grasset, 2021)<\/p>\n\n\n\n<p>[8]&nbsp;Ibid p.26<\/p>\n\n\n\n<p>[9]&nbsp;Titre emprunt\u00e9 \u00e0 Marie cardinal<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Novembre mois du souvenir, des comm\u00e9morations. 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